Le fier coq amoureux de la Tour Eiffel
Il était une fois...

... l’histoire d’un coq flamboyant et majestueux qui souhaitait conquérir le monde. Né dans un coin isolé, au milieu de nulle part, déjà à peine éclos il regardait les étoiles et rêvait d’en décrocher une pour éclairer sa minuscule cabane de bois.

Las de côtoyer ses semblables, de marcher toujours sur les mêmes traces, il décida de quitter son foyer pour découvrir de nouveaux horizons. Il savait que ce ne serait pas chose facile car ses ailes trop courtes ne lui permettaient pas de voler.

Doué pour le chant, il prit sa guitare et choisit de faire de la musique son moyen d’existence. Il entreprit alors son grand voyage, paradant de ville en ville dans son manteau rougeoyant pour accroître sa popularité et tenter de devenir célèbre.

Mais le succès ne vint pas aussi franc et aussi fort que le fier coq l’avait espéré. Au cours de ses pérégrinations, il a usé ses griffes, mouillé ses plumes, frotté son bec, il a ri et pleuré. Il a travaillé dur, s’égosillant pour lutter contre l’anonymat. De-ci, de-là, il a séduit quelques amateurs et amatrices, mais le temps a passé et le coq est devenu vieux, et le monde trop vaste.

La flamboyance s’est fanée et le coq a vieilli. Ses plumes sont devenues ternes, ses yeux se sont délavés et le poids des années a flétri sa crête.

Mais fier et ne voulant pas abandonner sa quête avant d’être parvenu à ses fins, il s’est isolé et s’est remémoré son parcours pour en tirer les enseignements nécessaires. Au contact des différentes cultures, au gré de ses rencontres, il a appris les bienfaits de certaines pratiques, de certains rites, les vertus de certains produits. Il a aimé les senteurs de l’Orient, le parfum boisé des forêts, la douceur de certaines huiles, l’odeur enivrante de la fleur de Tiaré, le souffle délicat du jasmin, la suavité du lait de coco...

Il a fini par comprendre que ces odeurs et ces produits étaient bons pour lui et que, grâce à leur connaissance, à leur application, il pouvait lutter contre les effets du temps et contre le mal-être.

Alors il s’est mis à entretenir ses griffes, à lustrer son bec et à prendre soin de ses plumes. Ses couleurs se sont ravivées, son chant est devenu plus pur, il s’est senti plus fort, plus beau, plus jeune.

Ragaillardi il a, à nouveau, traversé les mers, les océans, les terres arides, les vents glacés de Sibérie, puis il est arrivé dans ce petit pays hexagonal qui lui a rappelé tous ses voyages antérieurs. Il a marché sur Paris jusqu’à une grande sculpture métallique et là il s’est arrêté, subjugué.

Intrigué et fasciné par cet édifice surprenant, il est tombé amoureux de la grande dame. Un amour passionnel, inexplicable et instantané. Il l’a escaladée jusqu’à atteindre son sommet et, de là, il a pu contempler la ville, ses lumières, ses ondulations. Il a regardé les étoiles de son enfance et, en tendant son aile, l’une d’elles s’est approchée et l’a effleuré. Son coeur s’est mis à battre très fort et, d’un élan incontrôlé, il a poussé un cri superbe et instinctif : COCORICO.

Un cri si puissant que le temps s’est arrêté. Des millions de regards se sont hissés jusqu’au sommet de la tour Eiffel et, en un instant, le coq est devenu célèbre.

Il aura fallu des années pour créer cet instant magique. La nouvelle s’est repandue telle une traînée de poudre et, de Paris, a résonné son cri. Un amour incommensurable est né entre le coq et la France, tout le monde voulant se l’arracher.

Son effigie fut marquée à l’encre sur les corps de certains, son profil majestueux brodé sur les maillots de sport des équipes nationales. La notoriété du coq dépassa ses rêves les plus fous, finissant par devenir un symbole. Il s’est souvenu de son parcours, de sa volonté d’exister, de se battre, de rayonner. Ne devant rien à personne et parvenant à ses fins toujours en faisant le bien, il a acquis l’expression populaire et légitime de Fier comme un coq.

Pavanant dans les rues, il attirait le regard des femmes et attisait parfois la jalousie des hommes. Mais ce noble coq au grand coeur aimait par-dessus tout les gens et ne supportait pas de créer des sentiments négatifs. Il décida alors de livrer ses secrets de beauté et de longévité aux hommes et leur dit, « faute de plumes vous ferez briller vos poils ». Il travailla alors d’arrache-pied avec d’autres coqs savants pour élaborer une gamme de produits relatant l’histoire de son expérience à travers le monde. Choisissant minutieusement leur composition, sélectionnant les meilleures odeurs, ciblant les effets les plus bénéfiques, notre coq national a fini par développer une palette cosmétique complète, baptisée en guise de clin d’oeil « Fier comme un coq ». Dès lors aucun homme ne pourra se nourrir de jalousie en cultivant un sentiment d’envie, car aujourd’hui le coq lui a livré sa magie.

Il n’est désormais plus rare de croiser ce coq intemporel dans son blazer de lumière, avec son noeud papillon autour du cou ; celui-là même que lui offrit la tour Eiffel en guise d’élégance et d’amour éternel.

The End

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